INTERVENIR AUPRÈS DES COMMUNAUTÉS

Je m’appelle Raphaël. Ma mission en tant que « EU Aid Volunteer » m’a amené à travailler ces derniers mois sur des thèmes tout aussi intéressants que variés. J’apprends beaucoup mais fais aussi face à certaines impasses. En tant que chargé de nos activités dans les communautés, je passe beaucoup de temps à comprendre le fonctionnement des communautés en Equateur, en particulier dans notre champ d’action géographique prioritaire, la région de Pichincha (où se situe Quito, la capitale).

J’ai rencontré plusieurs leaders de communautés, à la fois à leur domicile mais également dans le cadre de réunions communautaires qui ont généralement lieu le dimanche, une fois par mois. Les sujets traités se ressemblent : légalisation de terrains, demandes en cours avec les instances gouvernementales. Cela concerne souvent l’état des routes, la fréquence des transports en communs ou encore l’accès aux services les plus basiques. Des « mingas» ou travaux d’intérêt général sont également effectués, de manière générale une fois par trimestre, en fonction des urgences. Les gens de la communauté se rassemblent pour remettre une rue en état, replanter des arbres… Cela se fait souvent en coopération avec le « municipio » -la mairie locale-, qui peut apporter son soutien. Ici en Equateur, les communautés sont responsables de ce qui se passe au sein de leur « barrio » à travers « leurs gouvernements de quartiers ».

Les réunions sont parfois tendues et les gens un peu stressés : c’est leur seul jour de repos de la semaine et ils viennent souvent à reculons. Il y a souvent des confusions entre les problèmes personnels et ceux généraux du quartier. Néanmoins, énormément de personnes montrent un dévouement certain à leur quartier et sont réellement engagées pour que la situation générale s’améliore. On sent l’importance pour les gens du lieu où ils vivent. La plupart de ces personnes habitent dans leur quartier depuis toujours et y resteront très vraisemblablement toute leur vie.

Je participe à ces rassemblements à la fois aux cotés des leaders communautaires et du personnel de la mairie. J’ai présenté notre projet, la Fundaçion Ecuasol et l’initiative EU Aid Volunteers. Cependant, difficile de glisser dans leurs agendas un module de prévention des risques tant les populations sont loin cette préoccupation et plus centrées sur les problèmes à court-terme.

J’ai cherché à avoir davantage d’impact, et donc d’autres voies et solutions pour travailler sur le sujet. Les collaborations avec les mairies sont pour l’instant limitées : les institutions du gouvernement sont en pleine restructuration après les élections et nous devons patienter avant de pouvoir parler aux personnes clés des départements des risques. De plus, les populations en Equateur sont assez au courant des mesures préventives et du matériel à avoir à disposition pour faire face aux menaces naturelles, telles qu’une éruption volcanique ou un séisme. Lorsque j’ai travaillé avec des enfants, j’ai également été surpris par leur bon niveau général de connaissance sur le sujet.

Sensibiliser la population de Quito aux menaces naturelles existantes en Equateur et les mesures de préventions basiques

Plus le temps passe ici, plus je réalise que le problème majeur en termes de vulnérabilité des populations face aux menaces naturelles concerne surtout la construction des maisons et des bâtiments. Pour cela je recherche activement des partenaires de taille afin de pouvoir appuyer directement des institutions travaillant sur cette thématique : nous multiplions les rendez-vous et commençons les collaborations. Nous rencontrons également des architectes pour coordonner un appui technique aux personnes construisant leurs maisons. Un projet est en cours dans le quartier de la Paz et je vais participer à la coordination. En effet, dans les quartiers du Nord de Quito, la plupart des habitations individuelles ne sont pas construites de manière adéquate pour faire face aux menaces existantes. Beaucoup d’explications sont possibles : des maisons qui montent d’étage en étage au fur et à mesure que les familles s’agrandissent, le manque de moyen financiers pour faire des plans de maisons approuvés par des architectes ou ingénieurs.

J’ai également effectué une présentation « Introduction au monde humanitaire » à 50 adolescents du Lycée français de Quito. Ils ont été intéressés et j’espère que certains d’entre eux s’informeront davantage sur le secteur et y travailleront peut-être dans le futur. Ce fut une bonne expérience pour moi comme pour eux. A la rentrée prochaine, je vais pouvoir faire d’autres conférences sur des thèmes similaires.

Nous avons également aidé à l’organisation et au déroulement de l’évènement « Ciencia Alerta » qui avait pour but de sensibiliser la population de Quito aux menaces naturelles existantes en Equateur et les mesures de préventions basiques. Là encore, j’ai pu observer l’importance de la construction pour expliquer la vulnérabilité des populations face à ces risques. L’objectif à très court terme est de s’intégrer à un projet d’envergure d’une autre institution, afin d’avoir un impact plus important.