PORTRAIT D’UNE EU AID VOLUNTEER : France

France,  47 ans, Française
Notre aventure en Equateur

Certains nous demandent pourquoi sommes nous venus nous décongeler aux antipodes de notre vie habituelle ! En effet, la chaleur, l’exubérance de l’Amazonie à une heure de la ville d’Ambato où nous vivons, l’altitude des Andes, l’éloignement de la mer… Quel contraste avec notre vie dans l’Arctique !

Géographiquement, il n’y a pas plus opposé que le parallèle 0 de l’Equateur et les 80° nord qui nous ont accueillis pendant 17 ans, pas plus opposé que le cycle diurne en continuel renouvellement dans l’Arctique et la trajectoire immuable du soleil au dessus de l’Equateur. Nous avons quitté Vagabond, notre voilier polaire, pour une parenthèse d’un an et demi en Equateur. Avec l’objectif de nous rendre utile d’une manière plus concrète encore que dans l’Arctique.

En effet, avant d’apprendre à sensibiliser une population andine aux risques sismiques et volcaniques qui les entourent, nous vivions 10 mois sur 12 sur notre voilier polaire au service de scientifiques et auprès de communautés inuites. A chacun de nos retours en France nous ne manquions pas d’être sollicité dans des écoles, des municipalités, les congrès scientifiques, la presse ou la TV, afin de témoigner des changements climatiques, de notre vie dans l’Arctique, et de rétablir quelques vérités autant écologiques qu’idéologiques.

La banquise est devenu notre terrain de travail autant que d’épanouissement. Nous avons choisi cette vie « vagabonde » bien avant d’imaginer fonder une famille. Aujourd’hui avec Eric, nous voyons grandir avec bonheur nos deux filles, Léonie (10 ans) et Aurore (presque 8 ans). Depuis leur naissance, l’Arctique est leur quotidien, elles s’y sont adaptées et nous ont aidées à prendre un tournant : afin de ne pas les désocialiser, nous nous sommes rapprochés de communautés isolées inuites. Une expérience riche d’enseignements sur la différence.

En 5 ans, nous avons dépassé les clichés merveilleux de l’Arctique et compris l’étendue des problèmes sociaux et culturels qui sont les leurs. Auprès d’eux encore nous avons fait le lien avec les scientifiques, introduisant un gros programme et une cinquantaine de scientifiques dans la communauté de Qikqtarjuaq (500 personnes), introduisant aussi des échanges culturels tels que des ateliers artistiques en lien avec leur territoire et leurs histoires, afin d’apporter un peu d’air neuf dans des quotidiens parfois difficiles.

Se faire “passeur” de connaissance

Auparavant, pour parler de moi, après un diplome (DNSEP-bac+5) aux beaux arts de Marseille, j’ai tourné ma vie vers la mer. Desing naval et régates en Bretagne, expédition en Antarctique. J’ai ensuite travaillé au sein de l’équipe des Fêtes Maritimes de Douarnenez, à la communication puis au montage d’expositions. L’art ne m’a jamais quitté, je donnais l’an dernier encore des cours d’aquarelles (en France et chez les inuit du Nunavut) et continue à répondre à certains commanditaires. Je suis aussi Présidente du récent festival “Les aventuriers de la mer”, qui donne à entendre, voir et comprendre des problématiques actuelles liées à la mer.

Des points communs avec la mission qui nous occupe aujourd’hui en Equateur, il y en a ! Se faire « passeur” de connaissance. Mais aussi continuer cette vie d’aventure, que constitue chaque nouvelle expérience de vie.
Choisir sa destinée, vivre ses rêves, n’est pas une chance mais un travail. Est-ce le premier pas le plus difficile ? Ensuite il y a la confiance. Notre foi, quelle qu’elle soit, qui porte les germes de notre réalisation.

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